Vu hier le très beau film de Stéphane Brizé, mademoiselle Chambon, avec Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon.
Excellente surprise, enfin pas tout à fait quand même puisque la critique dans son ensemble encensait le film (à l'exception d'un aigri de Télérama qui en parle avec un parti pris évident de démolisseur)... Mais la critique, je me méfie.
Hé bien non, là j'avais tort sur ce coup.
Bien sur si vous aimez les rafales de kalachnikovs, les sirènes qui hurlent et les immeubles qui s'embrasent, ce n'est pas votre truc.
Ici c'est par excellence un film intimiste. Un maçon, bon père, bon mari, pas causant, avec la rudesse de ceux qui ne parviennent pas à s'exprimer, une instit seule...
Et puis rien ou presque, même pas les mots pour le dire.
La caméra scrute les regards, et les émotions se dévoilent, s'amplifient. Des riens, compréhension, complicité, culpabilité, toute une gamme de sentiments magnifiquement rendus. Aucun bavardage.
On se trouve pris, peut être entrainé par des mouvements intimes, une nostalgie lointaine ravivée...
On se rappelle certains autres films, la « Route de Madison », voire le « Nous ne vieillirons pas ensemble » de Pialat, plus déchiré et violent.
Bien entendu le film n'est pas parfait, quelques menues invraisemblances, mais si vite oubliées. Et pour ma part, je n'ai pas aimé la fin. Enfin pas la fin en elle-même (que je ne vous dévoilerai pas) parce qu'il ne peut pas y avoir d'autre que celle ci, mais la façon dont elle est représentée qui rompt avec l'extrême discrétion du film, avec le côté tout en nuances de la progression des sentiments. En rentrant, dans la voiture, nous avons imaginé cinq ou six autres façons de finir qui auraient été sans doute plus proches de la tonalité générale.
Un jeu d'acteurs exceptionnels. D'abord Kiberlain et Lindon, magnifiques de tendresse et d'émotion . Mais aussi Jean-MarcThibaud ou Aure Atika.
Et lorsque le générique de fin défile, avec en fond sonore une magnifique bluette de la grande Barbara, on reste encore cloué à son siège, comme s'il fallait encore du temps pour revenir à l'instant et pour se défaire des lambeaux de nostalgie qui collent encore à l'âme, .

1 commentaire:
un "in the mood for love" a la francaise ?
tu me decois a lire télérama , un bon paris match , ca fait du bien
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