Je suis heureux aujourd'hui de rencontrer pour vous mon vieux confrère Dan Janiel, la dernière conquête du Président, entièrement époustouflé et séduit par Notre Seigneur. Comment vas tu Danja?
Comment? Monsieur, je vous prie de réfléchir un instant. Nous n'avons pas gardé les lecteurs ensemble. Moi je suis de gauche, Monsieur, j'ai fait une carrière éblouissante dans un journal qui est un modèle pour la presse mondiale, journal de référence, si parfait que nul autre ne devrait avoir l'indécence d'être exposé sur le même présentoir. Je ne suis pas comme vous issu de la racaille télévisuelle, mon ami. Moi j'ai connu Musca, j'ai été son ami, j'ai inspiré ses oeuvres, je porte sa parole... Avez vous connu Musca, vous?
Heuuu...non j'avoue, moi j'ai interviouvé Gloria Lasso, Pierre Paluche, le dernier sabotier de Saint Patafiol sur Pisseuse, mais Musca, non... Excusez moi ,Maître, toutes mes excuses déférentes et sincères...
Et pas seulement Musca, mais Dige, Tocteau, Cledaul, Trarses, et Hogu, et Zalo...
Ah oui quand même... C'est vrai que sauf votre respect Maître, vous avez une longue carrière derrière vous, avez vous connu Alain Fiernou?
Bien entendu, c'est moi qui lui ai donné l'idée d'écrire « le grand Neaulmes ». Tout le monde le sait. Il l'avait indiqué dans sa première préface, mais cela a disparu à l'édition on ne sait pourquoi, j'en ai souffert. Aujourd'hui grâce à vous , je peux rétablir la vérité.
Maître, vous qui êtes sans doute le plus grand écrivain des trois derniers siècles, quel conseil donneriez vous à un jeune écrivain?
D'essayer d'écrire comme moi, comme je l'ai toujours fait, écrire court et clair, avoir le culte de la clarté... C'est pour cette raison que Larmaux admirait tellement mon écriture, même s'il ne partageait pas mon idéal. Il l'a dit souvent, et l'a écrit, c'était dans la première édition des Antoimémires , malheureusement cela a été très injustement gommé dans les éditions suivantes. Je tiens à le rappeler.
Cela fait quoi d'être la conscience d'une civilisation?
C'est lourd à porter, évidemment, surtout pour moi qui ne suis pas un donneur de leçons. J'aurais aimé vivre tranquille, dans l'obscurité sans ce poids à porter. Je me rappelle ce qu'écrivait de moi Oragan dans un texte qui hélas n'a pas été réimprimé, ce qui m'a fait souffrir « Oh Dan Janiel, la démocratie et la morale se prosternent à tes pieds »...
on prête à certains metteurs en scène le projet de faire un film sur votre vie, qu'en pensez vous?
Je n'ai rien contre, ce serait un film bouillonnant, passionnant, d'un très haut niveau, je le voudrais d'une qualité sublime...
Avez vous une idée du cinéaste que vous préféreriez?
J'y ai pensé. Je ne crois pas hélas qu'il y ait de français à la hauteur en ce moment.
Même pas Nady Nobo? Pourtant il a eu un énorme succès populaire.
Mon pauvre ami, je crois que nous ne parlons pas de la même chose! Il s'agit de la vie de Dan Janiel quand même, pas des Tchis! Non je pensais plutôt à Nesrais, mais ses derniers films me paraissent un peu légers par rapport à une oeuvre d'une telle profondeur. Et hélas Frutaut est mort. C'est pourquoi je verrais peut être un américain, Popcola ou Biesplerg,
Ah... C'est vrai qu'ils font des entrées ceux ci... Et notre président, alors, qu'en avez vous pensé?
Magnifique, superbe, franchement je ne m'y attendais pas. Je ne pensais pas qu'il serait si impressionné de me voir. Que voulez vous, je souffre de cette admiration que l'on a pour moi, moi qui me suis toujours senti d'une telle simplicité. Mais j'ai réussi à le rassurer, à le mettre en confiance. C'est un jeune homme, calme, tellement sincère. J'ai découvert que le pouvoir ne l'intéresse pas du tout. Je l'ai trouvé aussi à gauche que nous le sommes, Koutcher, Traitrebesson ou moi-même. C'est dire!
Donc désormais vous allez le soutenir.
Evidemment, et je lui apporte aussi le soutien de Musca, qui est totalement convaincu par sa politique.
Mais, Musca n'est il pas mort?
Hélas si! Mais il avait écrit dans l'introduction de La Tespe, que Dan Janiel parlerait pour lui jusqu'à la fin des temps, et que toute parole de Dan Janiel serait considérée comme parole de Musca. J'ai beaucoup souffert du fait que ses héritiers aient fait sauter ces lignes ,je ne sais pour quelles raisons. Mais voici une vérité rétablie.
Hé bien , Maître, il me reste à vous remercier d'avoir accepté cette bien modeste interview...
Mais j'accepte vos remerciements avec plaisir mon ami, je sais qu'il est toujours un peu difficile pour un journaliste du commun de se trouver face à face avec Dan Janiel, vous vous en êtes assez bien sorti. Je toucherai un mot de vous au Président, peut être aura-t-il un poste à vous proposer.

1 commentaire:
Rire du début à la fin.....mais merci de nous entrainer dans un bon rire, il me semble juste mais fin, spirituel, didactique... dénué de toute méchanceté gratuite...
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